23-09-07
J'ai oublié d'oublier...
Gare de Lyon, devant l’horloge
Les Cadrans se mettent à l’heure
Du soleil du moment présent….
Un court instant pourtant
Je me retourne sur hier…
Hier dont j’ai oublié d’oublier
Tant de moments, de souvenirs
Qui ont fait vibrer mon âme
Ou touchés mon cœur de plaisir.
Instants posés au creux des silences
Heures éblouies de joie intense.
J’ai oublié d’oublier,
La couleur des jardins de l’enfance
Et les blessures de l’innocence
Les amitiés qui entrent en gare
Et celles que la vie et le temps égarent
J’ai oublié d’oublier,
Cette larme sur la joue de mon père
Comme une soudaine reconnaissance.
Tous les chagrins de ma mère,
Son amour et son impuissance.
J’ai oublié d’oublier,
L’acier glacé d’un regard bleu,
Le feu de mes colères et la pluie de cendres
Balayant les années de confiance.
Le désert et sa résilience.
J’ai oublié d’oublier
Le parfum des citrons verts
Les alysées, la couleur de la mer
La chaleur au cœur de l’hiver,
Et les fleurs au parfum outremer.
J’ai oublié d’oublier
Cette école d’apprentie-sage
Le défi au centre du voyage
L’expérience et ses paysages
L'oiseau qui sort de sa cage.
J’ai surtout oublié d’oublier
Les mille soleils de ton amour
Perçant mon ciel d’une évidence !
Ma vie qui renaît en Provence
Et aujourd’hui qui prend tout son sens !
Le cadran sonne un juste départ,
Le train s’éloigne de la gare et
Sur le quai, Hier, doucement se retire…
22-09-07
V comme Voyage...
Va, vire, vole,
Fait tes valises et voyage,
Vers Venise, Valparaiso ou les îles sous le vent,
A vol d'oiseau, vertige d'évasion, tout voir,
Vivre et revivre, mettre les voiles...
Au Maroc...
"Oh ! les jardins merveilleux ! les bois d’orangers qui embaument, et des palmiers, et de grands cactus arborescents au feuillage bleu, et des géraniums rouges, et des grenadiers, des figuiers, des oliviers ; tout cela d’un vert admirablement printanier, d’un vert tout neuf d’avril. Et dans le luxe exubérant de cette végétation, les plantes d’Europe se mêlent à celles d’Afrique ; parmi les aloès, il y a de hautes bourraches bleues fleuries à profusion ; des acanthes, au feuillage marbré de blanc poussent en fouillis, s’élèvent à huit ou dix pieds ; des ciguës et des fenouils dépassent la tête de nos chevaux, et les vieux murs, les palissades, sont tapissés de liserons et de pervenches."
Par Pierre Loti
19-09-07
Le regard...
Le regard vient au monde comme l’enfant à la vie, un morceau d’âme étonné et curieux, qui, dès la plus tendre enfance, se lève sur l’univers. Regard unique à chacun, comme une fenêtre entre deux mondes, il est notre ciel intime, une passerelle entre nous et les autres.
Un corps peut vieillir jusqu’à être méconnaissable, l’étincelle d’un regard est toujours la même, à peine colorée des traces de joie ou de tristesse que la vie y imprime...
J’ai compris que ma grand-mère n’était plus quand je n’ai plus vu son tendre regard m’embrasser, son âme s’était éteinte comme on ferme un rideau pour rejoindre d’autres horizons, d’autres paysages… Comme il m’a manqué ce miroir d’amour qui accompagnait ma vie.
Avez-vous vu ce regard merveilleux et neuf qui se pose un enfant sur toute chose. Il accueille, il joue, il rit, il pleure et ses yeux expriment mieux que mille mots tout ce qu’il ressent.
D’un âge à l’autre, c’est inimaginable ce qu’un regard peut contenir de contours et d’images, de couleurs et de nuances. Un vrai festival avec son « in » et son « off »…. L’amour l’illumine d’un ciel étoilé et la haine y allume des feux obscurs, la tendresse le pare de caresses et chaque émotion s’y habille d’une couleur toute particulière, c’est un langage à lui tout seul.
Re-gardes, prend ce que tu vois et fais-en de la beauté, c’est ce que fait le peintre, le photographe et celui ou celle qui écrit. Peindre avec des mots, coucher sur le papier ce que le regard attrape, transporte, reçoit, questionne. Faire que la guirlande de lettres qui se déroule fasse naître des images, de regards différents qui s’enrichissent et se complètent.
Vous le faites si bien vous que je lis régulièrement sur la toile, vos regards sont dans les mots que vous écrivez, et mon regard vous trouve riches de ce talent que vous offrez…
17-09-07
Violette
Elle était là discrète, au milieu des passants du samedi qui foulent les rues d'Aix sous le soleil automnal. Petite marchande de fleurs comme sortie d'un film d'une autre époque. J'ai tourné la tête, croisé son sourire et le petit bouquet de violettes qu'elle tenait dans la main. Ca ne prend pas de place, un souvenir, et pourtant dans ce petit bouquet de violettes, il y avait tout le parfum d'un souvenir....
Un jour, mon père avait ramené ce joli flacon de violettes de Toulouse dont j'aimais la couleur et l'odeur particulière. Depuis, la violette est restée attachée à mes souvenirs d'enfant et à lui en particulier. Plus tard, j'ai appris que mon prénom avait une origine grecque signifiant "fleur de violette" !
Alors, en prenant ce petit bouquet de violettes, j'ai cru l'espace d'un instant que c'était lui qui me le tendait dans un sourire....



