Une légende amérindienne raconte qu'il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre. Seul, un colibri s'activait et allait chercher quelques gouttes d'eau dans son bec pour éteindre le feu.
Au bout d'un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit :
"Colibri ! N'es-tu pas fou ? Tu crois que c'est avec ces gouttes d'eau que tu vas éteindre le feu ?
"Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part..."

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La terre, être silencieux dont nous sommes une des expressions vivantes, recèle des valeurs permanentes faites de ce qui nous manque le plus : la cadence juste, la saveur des cycles, la patience, l'espoir qui se renouvelle toujours car les puissances sont infinies. Il nous faudra sans doute, pour changer jusqu'au tréfond de nos consciences, laisser nos arrogances et apprendre avec simplicité les sentiments et les gestes qui nous relient aux évidences. Retrouver un peu du sentiment de ces êtres premiers pour qui la création, les créatures et la terre étaient avant tout sacrées....

"La part du colibri" Pierre Rabhi (ed. de l'aube)
Photo pascal Benard